Les premières lignes de la contribution
Le chemin neuf
Sur la conversion
   
Comment évoquer la conversion autrement qu’en termes personnels, avec une extrême modestie, et à travers l’itinéraire qui en modifia progressivement les traits ? Au début, ce fut la fascination exercée sur moi par l’existence bouleversée, retournée, d’un autre. L’autre, c’était Charles de Foucauld et j’avais douze ans. D’un côté, le jeune officier de hussards, beau cavalier, charmeur, mais trop riche, empâté par le foie gras et les conquêtes féminines : un itinéraire attirant par plus d’un aspect, mais dont il était clair qu’il s’enlisait dans le non-sens et l’ennui. De l’autre côté, l’explorateur et l’ascète, le géographe et l’homme de prière. Mais plus encore sans doute un décor : le Sahara, le chant du muezzin, les minarets, les dunes indéfinies. Entre les deux, il y avait une conversion. Au-dessus, au-delà, le désert. Il est monothéiste, écrivait Ernest Psichari que j’avais lu aussi. Qu’est donc l’existence, sinon Dieu dans un immense désert ? Mais si Dieu est là, où donc est le désert ?
   
   
   
>> Accueil du site de la revue Christus
Imprimer