Les premières lignes de la contribution
Corps de louange
   
Un corps de glaise, un corps de chair qui précède son semblable, se faisant lui-même Écriture du nom de la chair qui lui est semblable, se faisant histoire pour cette chair, histoire au service de cette chair, voilà l'homme. L'homme, aujourd'hui pour toujours, c'est cette faculté propre à son corps de chair : pouvoir de précéder son semblable jusqu'à se laisser précéder par lui ; pouvoir de le nommer jusqu'à se laisser nommer par lui. Au commencement de l'homme, cela, rien que cela. Ce qui ne participe pas de ce commencement peut bien revêtir, en ce temps, les apparences de la toute-puissance du bon mot ou du dernier mot, les dimensions du temple édifié par le roi Hérode au Dieu d'Israël ; il n'en restera rien. Faculté qui fait l'homme, celle qui revient à appeler le néant à l'existence, à donner la vie aux morts jusqu'à livrer son nom et sa vie à des êtres qui ne sont ni des justes ni des gens de bien, mais des ennemis (cf. Rm 4,17 et 5,6-18). Donnant aujourd'hui un nom à toute chair, remettant aujourd'hui son propre nom aux mains de toute chair, le corps est aujourd'hui corps de louange, porte de gloire qui introduit toute chair à la présence qui ne connaît pas de fin, à la présence réelle, sceau de toutes les perfections.
   
   
   
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