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Recension commune aux ouvrages "ÉTINCELLES II" de François Cassingena-Trévedy et "DIEU OU QUELQUE CHOSE COMME ÇA" d'Yves Namur
   
  François Cassingena-Trévedy
ÉTINCELLES II
Ad Solem, 2007, 478 p., 28 euros.

Yves Namur
DIEU OU QUELQUE CHOSE COMME ÇA
Petit traité d’un agnostique ou à tout le moins de quelqu’un qui se croyait ainsi bâti. Lettres vives, coll. « Entre 4 yeux », 2008, 63 p., 13 euros.

On ne présente plus le frère Cassingena-Trévedy, moine de Ligugé, sauf pour répéter qu’il est sans doute aujourd’hui celui qui allie l’amour des lettres et l’amour de Dieu avec la plus grande puissance et assurance. Ses premières « étincelles » étaient éblouissantes (cf. Christus, n° 205, janvier 2005, p. 91), feux d’artifice de paroles et de pensées poétiques, spéculations mystiques à partir du quotidien... L’auteur avait trouvé sa voie avec une jubilation communicative.
Dans ses nouvelles étincelles, qui couvrent la période 2003-2005, on touche à une autre dimension, plus dépouillée, plus proche du flux temporel. Il sourd de ce journal spirituel comme une inquiétude, une impossibilité de trouver le repos avant que, de nuit, son auteur n’ait vu la lumière en face : « Nous n’avons pas tout donné, nous n’avons pas tout brûlé, tant qu’il demeure en nous quelque angoisse tacite et larvée pour nous-même, pour les autres, pour le monde. C’est l’inquiétude que Dieu veut en nous, non l’angoisse, et encore la veut-il transparente, puisque aussi bien tout est clair de son côté. » Dans ce dépouillement, le temps de Dieu a donc toute sa place, non seulement à travers le regard que Cassingena-Trévedy porte sur les choses au jour au jour dans son spirituel et humorstique va-et-vient entre trivial et poétique, mais aussi à travers les références musicales, figurant au plus près l’homme aux prises avec son être fugace, passager. En recherchant l’indicible, le moine laisse dire les inquiétudes que tout un chacun porte en lui dans la prière.
Comme François Cassingena-Trévedy, Yves Namur est poète. Mais alors que le premier redécouvre l’inquiétude, une fois vaincue l’angoisse, le second apparaît rongé par l’inquiétude au fur et à mesure que s’égrènent les fragments interrogatifs. La terre entière et tous les éléments sont ici convoqués, de façon tout augustinienne, pour se voir demander s’il existe quelque chose de plus qu’eux. Certes, dirait Pascal, le poète ne s’interrogerait pas ainsi sur Dieu si, d’une manière ou d’une autre, il ne l’avait déjà trouvé. De la sorte, ce petit livre décrit les différents mouvements intérieurs qui précèdent l’instant où nous osons simplement dire que nous avons la foi.
   
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