Les premières lignes de la contribution
Les invasions barbares
Parabole d’une humanité malade
   
L’intrigue est assez simple, d’une certaine façon. C’est l’histoire de Rémy qui doit avoir la soixantaine et qui est atteint d’un cancer en phase terminale. Il est marié avec Louise ; ils sont séparés depuis longtemps ; il l’a toujours trompée. Ils ont eu deux enfants : Sébastien, un jeune homme d’affaires, et Sylvaine qui est quelque part en mer. Louise va faire revenir son fils pour l’épauler dans les derniers moments de son père. Sébastien va organiser la fin de vie de son père avec ce qu’il peut, ce qu’il a entre les mains, c’est-à-dire de l’argent. Il demande aux amis de jeunesse de son père de venir l’entourer, et ils vont se retrouver à cinq autour des souvenirs du passé. En même temps, petit à petit, d’autres personnages entrent en scène : une religieuse, aumônier à l’hôpital, qui sera une figure importante, porteuse de sens. Et puis, il y a le personnage de Nathalie qui est la fille d’une ex-maîtresse de Rémy – ex-maîtresse qui est là, parmi les amis. Nathalie est junkie, elle se drogue à l’héroïne. Le film va se dérouler entre le moment où Rémy est à l’hôpital où il apprend l’état de sa maladie et sa mort qui aura lieu dans un chalet au bord d’un lac en pleine nature. La scène finale sera la « mise à mort » de Rémy par la jeune Nathalie au milieu d’un cadre splendide, entouré de ses amis. Cette histoire est l’occasion de porter un diagnostic, un coup de sonde. Arcand est partie prenante avec cette génération, mais en même temps il prend de la distance pour mettre sous nos yeux ce qu’est en train de devenir la société occidentale. Avec des ruptures, voire des oppositions entre les générations à l’intérieur même des familles, et avec la religion qui a joué un rôle prépondérant au Canada avant la « révolution tranquille » des années 70. Tous ces amis sont d’anciens élèves d’institutions religieuses.
   
   
   
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