Les premières lignes de la contribution
Souffle de la mémoire, grâce de l’oubli
Le risque d’hypermnésie et le gouffre de nos omissions
   
« Il faut éteindre la démesure plus encore que l’incendie. » Cette pensée d’Héraclite, qui souligne la nécessité de la modération et de la pondération, garantes de l’harmonie du monde et des sociétés humaines, peut s’appliquer au couple « mémoire et oubli » un couple antagoniste qui, comme toutes les forces contraires en jeu dans la nature et dans l’homme, n’est dynamique qu’au prix d’un subtil dosage de ces énergies et d’une répartition en souplesse de leurs rôles. La « démesure » qui brise l’équilibre entre la mémoire et l’oubli n’est pas toujours évidente, elle advient parfois de façon paradoxale, par retournement, par négligence, par usure, par orgueil ou par honte, ou encore, plus gravement, au fil d’un long et pervers travail de sape ourdi par une volonté de trafiquer la mémoire de tel ou tel événement.
   
   
   
>> Accueil du site de la revue Christus
Imprimer