Les premières lignes de la contribution
L’oeuvre immense de la création
Une direction spirituelle
   
Outre les renseignements de tout genre qu’elles nous apportent sur le Père Teilhard et son milieu, les lettres à Léontine Zanta constituent aussi une véritable direction de conscience. À travers les conseils donnés, on voit se dessiner la spiritualité du « directeur ». Les principes essentiels en ont été dégagés ailleurs, et ils s’expriment en termes habituellement si simples et si limpides, qu’un nouveau commentaire paraît superflu. L’expression en est d’ailleurs discrète. Mais chaque fois qu’elle perce, elle décèle par sa force la profondeur de la nappe souterraine. Ce n’est pas d’une vie intérieure médiocre qu’elle pourrait jaillir ainsi. En même temps qu’il mène la vie la plus activement tendue, explorant la planète, scrutant le passé de la terre et de l’homme, et, par leur passé, leur avenir, s’engageant avec passion dans la bataille des idées, cherchant à convertir les chefs de son Église à des vues qui lui apparaissent vitales, soumis lui-même à toutes sortes d’épreuves et à des luttes intimes dont nous avons entrevu la gravité, - cet homme, retiré au centre de son âme, communie habituellement à « la joie de l’Être », dont il a reçu le « goût profond » ; « obscurément », il se « retranche dans ce sentiment que l’Être est infiniment plus ruche et renouvelant que notre logique » ; il se « renonce » lui-même dans un « plus grand que [lui] ». Abandonné « entre les mains de Dieu », il retrempe calmement ses forces « dans la grande et pacifiante intensité de l’Omniprésence divine ». Il se lance à nouveau « sur l’Océan de l’Unique Nécessaire ».
   
   
   
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