Les premières lignes de la contribution
Écoute et silence intérieur
La possible offrande musicale
   
Dimanche matin, onze heures, Théâtre du Châtelet à Paris. Les premières notes des Variations Goldberg font entendre le silence dont elles proviennent. Elles s’en détachent, ce serait encore trop dire : la musique ce matin-là faisait chanter le silence. La musique révélait ce dont il était gorgé ; le silence lui avait été nécessaire pour en venir là. Au terme d’une heure de musique, nous nous en retournions transformés. La musique s’était tue sans que le silence éteigne ce qu’il avait éveillé. Venu de cet obscur fond de scène d’où rien ne semblait pouvoir surgir, le silence portait le chant sans qu’il s’épuise ou sature l’oreille. Zhu Xiao-Mei, l’interprète de ce matin-là, n’avait-elle pas naguère traversé l’horreur des camps, tenue par l’écoute intérieure de ces Variations ? Ce silence s’était à nous révélé force vive. Il invitait chacun à écouter le chant entonné en lui-même.
   
   
   
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