Les premières lignes de la contribution
La grâce du possible
   
Jeune normalien, Maurice Blondel s’était entendu apostropher par l’un de ses camarades: « Comment peux-tu subordonner toute ta vie et toute ta foi à un événement survenu il y a mille neuf cents ans? » La question était si peu oiseuse qu’elle a contribué à orienter la réflexion ultérieure de Blondel sur l’action, aussi bien dans ses enjeux anthropologiques que théologiques: qu’est-ce en effet que l’action, sinon ce par quoi chacun se constitue acteur d’événements dont le cours lui échappe en partie, ou réagit à des événements dans lesquels il se trouve pris? Qu’est-ce que notre foi dans le Christ ressuscité, sinon la proclamation d’un événement qui se revendique comme tel: un avènement de nouveauté, imprévisible au point de laisser les témoins eux-mêmes dans la stupéfaction, irréversible au point de bouleverser définitivement le rapport de la vie et de la mort, c’est-à-dire l’infrastructure même de notre temporalité?
   
   
   
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