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Parce que la réconciliation arrive après, on lui donne trop souvent la triste allure des réparations ou replâtrages. On la regarde de l’œil perplexe du garagiste redressant un pare-chocs, avec l’inquiétude de la cuisinière cherchant à neutraliser un plat trop salé ; et rien n’enlève les bleus à l’âme que laisse une altercation, même raccommodée, entre amis. Ce sont là exemples bénins, sans comparaison avec le temps qu’il faut pour que s’efface la mémoire du sang entre peuples qui se sont fait la guerre. Je repense à ce dialogue étonnant entre trois jeunes hommes - deux jeunes pères, un Israélien et un Libanais, et un prêtre arabe chrétien palestinien - après la guerre de juillet 2006 : tout ce malheur pour absolument rien, dans lequel leur situation respective les a pris, et qui va repousser d’une génération, à cause du sang versé, le moment de vouloir vraiment vivre ensemble.
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