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La première question qui vient à l'esprit, lorsqu'on parle du symbolisme sacramentaire, est sans doute celle du lien entre leur matière et leur signification. Ainsi, l'eau, le pain, le vin, l'onction signifient-ils, « symbolisent-ils » - par exemple, dans le baptême, l'eucharistie, la confirmation, le sacrement des malades - purification, nourriture, don de force. Sans doute la matière symbolique serait-elle ténue dans certains sacrements. Si l’on peut penser, pour l'ordre, à l'imposition des mains qui accompagne la préface consécratoire, la matière est plus difficile à identifier dans le sacrement de réconciliation : la tradition la place dans l'aveu des péchés, ce qui semble bien différent des « symboles » d'abord évoqués. Mais même si l'on arrive à montrer que tout sacrement comporte quelque élément sensible, capable d'évoquer son sens « spirituel », toutes les difficultés ne sont pas levées pour autant. Quel est le rapport entre ce « sensible » et ce « spirituel » ? Le sensible est-il l'inévitable concession à notre condition corporelle, retardant l'accès au spirituel ? Et si cette concession est à la fois réaliste et pédagogique, ne faudrait-il pas alors chercher « des symboles qui nous parlent » ? Le symbolisme agraire méditerranéen, qui est à l'origine des sacrements chrétiens, convient-il encore dans une Église qui se veut ouverte à toutes les nations et à une époque où la civilisation urbaine se fait partout dominante ?
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