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Un soir, quand j'avais une petite vingtaine d'années, la romancière Andrée Martinerie m'a confié, le ton las : « Les enfants ne vous donnent pas les plus grandes joies, mais ils vous infligent les plus grands chagrins. » Lapidaire, la phrase ne ferait que, pour le moins, prêter à discussion si la romancière n'était ma propre mère ! J'ai bien sûr oublié ce qui m'avait valu ce commentaire sinistre, dont le contexte s'est noyé dans les souvenirs heureux, éternellement vivifiants, que m'ont laissés mes parents. Mais c'est quand même lui qui a bondi dans ma mémoire lorsque me fut suggéré cet article. Comme si cet instant de découragement mutuel entre ma mère et moi s'était incrusté sous ma peau, attendant qu'un habile chirurgien le libère.
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