|
Il y avait eu le premier grand ébranlement au VIIIe siècle, quand le royaume du Nord avait été effacé de la carte par la conquête assyrienne. Jérusalem avait échappé in extremis au désastre et, cahin-caha, le royaume de Juda avait perduré dans une vassalité plus ou moins coûteuse, sous la coupe de ses puissants voisins égyptien ou mésopotamien. Ensuite, tout s’accéléra avec l’avènement du babylonien Nabuchodonosor en 605. Quatre ans plus tard, celui-ci ravageait le territoire de Juda, puis assiégeait à deux reprises Jérusalem. En plusieurs vagues, les élites du pays furent déportées sur les rives de l’Euphrate. On tenta de résister en jouant d’alliances politiques hasardeuses. Mais Jérémie qui prêchait durant ces années sombres avertissait ses rares compatriotes qui voulaient bien l’entendre : la marche à l’abîme était inexorable. De fait, en 587/86, Jérusalem tombait définitivement, ses murailles étaient ruinées, le Temple pillé et détruit, le pays livré à l’étranger. Désormais, et pratiquement pour la suite des temps, l’autonomie politique fut perdue. La langue elle-même fut touchée par la catastrophe, puisque l’araméen supplanta désormais l’hébreu. Le meilleur d’Israël était immergé en terre étrangère, là où une civilisation raffinée et puissante célébrait orgueilleusement ses dieux dans les sanctuaires de Babylone.
|