Les premières lignes de la contribution
Une vie auprès des gitans
Une autre lecture de l'Evangile
   
Christus : Depuis une cinquantaine d’années, vous fréquentez les gitans, les tsiganes. Qu’est-ce qui vous a poussé à les rencontrer et que vous a apporté leur fréquentation ? René Bernard : Après mon troisième an en 1958, je me suis demandé comment vivre mon voeu de pauvreté en étant en relation avec une population pauvre, et pas simplement avec le clochard du coin. Le provincial m’a alors chargé de la formation spirituelle et sociale de la division des grands au collège Saint-Joseph d’Avignon. Mais je ne voulais absolument pas d’une formation toute théorique. Je ne connaissais pas Avignon, si ce n’est par la chanson. Alors je suis allé m’y promener. Ce fut un choc, car, au centre ville, il y avait d’un côté le Palais des Papes, qui gérait tout le tourisme ; et de l’autre côté de l’esplanade, on tombait par des petites rues sur un autre monde, le monde des tsiganes, mais aussi celui des Français pauvres et des Maghrébins. Les taudis étaient tous pleins. J’ai mis trois ans à y pénétrer, parce que la plupart se demandaient qui j’étais. Étais-je un policier déguisé, un enquêteur des allocations familiales, voire un « mac » ?
   
   
   
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