|
Vingt ans ont passé, mais tu auras toujours vingt ans, « vingt ans pour l’éternité, devant l’Éternel. Qu’il existe ou non, l’Éternel ce sera toujours cet enfant-là » (Marguerite Duras, si douloureuse). Cette phrase, je l’ai recopiée dans mon carnet le jour où Fabrice s’est suicidé, dix ans après toi. Il avait ton âge. Il était mon élève quand tu es morte. Quelques années plus tard, il était devenu prêtre et exerçait son ministère là même où j’avais commencé le mien. Un jour, on l’a trouvé asphyxié dans sa voiture au fond d’un garage qui avait été le mien. Fabrice n’était que sourire, comme toi.
|