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Est-ce une irrévérence que d’aller glaner parmi les Fleurs du mal de Charles Baudelaire (« Harmonies du soir »), dans le dessein de donner matière à quelques réflexions sur l’adoration eucharistique et de leur fournir une amorce inédite ? Si maudit qu’on l’ait par après déclaré ou qu’il se soit cru lui-même, Baudelaire eût-il pu dire cela, si un autre n’avait dit : « Faites ceci en mémoire de moi » (Lc 22,19), et auparavant : « Ceci est mon corps » (Mt 26,26), sans user d’un autre ostensoir, ce soir-là, que de ses propres mains ? Car, dans la religion de Jésus-Christ, la chair même - et toute chair à la suite de celle du Verbe - est consacrée comme ostensoir de Dieu. Parce que Jésus-Christ est pauvre, il ne veut pas d’autre ostensoir que celui-là, et ne souffre les autres qu’à condition qu’ils lui soient relatifs.
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