Les premières lignes de la contribution
Le corps médicalisé
Corps arraisonné, corps brouillé
   
Dans mon rapport au monde et aux autres, toute une symbolique du corps, de ses membres et organes, est concurrencée, voire mise à mal, par les développements de la « biomédecine ». Verticalité, latéralité, face et arrière, visage et membres, organes des sens et organes internes, je les percevais et me les imaginais depuis ma première enfance à travers des représentations symboliques, fortement intégrées. Vêtement, table, maison et jardin, heures du jour, climat, sports et danse ! Et voici que la biologie m’en apporte des représentations tout autres, à l’école sans doute, mais surtout dès que je me présente pour des soins médicaux. Mon corps se voit alors décortiqué, par morceaux et en niveaux, comme une construction d’organes, de fonctions, de tissus, de cellules, de macromolécules. Il est analysé, scruté. Et le bon vieux stéthoscope fait vite place, derrière des écrans d’ordinateurs, à la prescription d’analyses biochimiques et d’imageries médicales sophistiqués.
   
   
   
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