 |
Vos réactions à l'enquête sur les choix de vie
Dans notre hors-série sur « Les choix de vie : nouveaux repères » (n° 226HS, mai 2010), nous avons longuement rendu compte des résultats de l’enquête qui a été à l’origine de ce volume (cf. pp. 9-23). En complément, nous donnons à lire ci-après l’essentiel des réponses à la question finale : « Quelles remarques souhaitez-vous formuler sur cette enquête ? »
À question ouverte, réponses diverses. On peut cependant diviser nos lecteurs, à travers leurs réactions, en trois catégories :
1. Ceux qui nous remercient de leur avoir donné l’occasion d’une relecture de vie (25 environ) ;
2. Ceux qui jugent cette expérience positive pour confirmer leurs choix présents (25 environ) ;
3. Ceux qui expliquent leurs difficultés à répondre (15 environ).
1. Une relecture de vie
« Les questions sont denses et très intéressantes dans le sens d’une relecture de vie et d’un approfondissement des choix de vie » (une femme mariée de 46 ans).
« Votre enquête est solide et profonde ; de plus, elle nous rend encore plus participant et solidaire de cette revue que j'aime tant : Christus. Une remontée de ces questions et de leurs réponses sera encore un enrichissement supplémentaire pour avancer ensemble toujours un peu plus loin. Votre revue est un pont dont je me sers pour parler à des personnes aux états de vie et de pensée éloignés des miens en apparence. Et voilà : les dialogues arrivent et le bruit cesse » (une femme mariée de 48 ans).
« Les questions sont vastes, elles mériteraient des entretiens. Elles m'ont permis de me poser clairement des questions intéressantes, merci donc ! » (Un homme marié de 50 ans).
« C'est une enquête enrichissante et qui va permettre de confronter plusieurs opinions qui à mon sens seront passionnantes. Votre revue est un livre de chevet pour moi, et c'est un vrai bonheur. La vie est belle, le Seigneur est grand et son compagnonnage est merveilleux ! Merci à vous » (une femme mariée de 59 ans).
« D’une manière discrète, vous m’avez donné la possibilité de dire à l’Église MERCI ! Merci à toutes ces femmes et ces hommes qui m’ont aidé à me reconnaître enfant de Dieu, tant dans le premier choix de ma vie que dans le deuxième choix : mariage. Cette liberté, je l’aie eue et sentie en Église ! Merci pour cet -exercice- qui m’a fait prendre conscience de ma responsabilité chrétienne » (une femme mariée de 62 ans).
« Merci ! Vous nous donnez la parole sur un aspect majeur de la vie humaine et chrétienne : choisir sa vie. Le monde a tellement changé, et ce n’est pas fini ! Nous avons sans cesse besoin de nous situer dans la foi. Ce qui fait défaut à beaucoup aujourd'hui, c'est d’une boussole ! Mais choisir sa vie ne peut se faire que dans un dialogue avec Dieu et avec les autres (en régime chrétien, et même dans d'autres aires croyantes, je crois) » (un célibataire de 64 ans).
« Très intéressante à remplir, pour soi. Valider qu'on est sur la bonne route, qu'on marche à la bonne vitesse. Merci, c'est très aidant. Comme la coloscopie, à faire tous les cinq ans » (un homme marié de 67 ans).
« Sans doute n'imaginez-vous pas à quel point une revue comme la vôtre nous est précieuse... Il y aurait encore beaucoup à dire... Nous avons vraiment besoin de vous. Cette enquête nous aide à faire le point. Merci. Continuez. Fraternellement en Jésus » (une femme mariée de 68 ans).
« Cette enquête me fait rendre compte que dans cette vie, les valeurs sont celles qui m'ont été enseignées et que j'ai transmises à ma famille » (une veuve de 74 ans).
« J'ai choisi... librement, je pense. Je rends grâce de persévérer dans ce choix malgré mes insuffisances. Merci de m'avoir permis de faire un point en cette période nouvelle de pseudo-retraite proche ! » (Un prêtre de 75 ans).
« L'enquête me fait réfléchir. Comment, en 2009, annoncer Jésus Christ sans faire de prosélytisme ? Pendant dix ans, j'ai été très discrète sur mes engagements. Maintenant, au téléphone, je n'hésite plus à parler de ce que je vis avec mon équipe et ces personnes âgées, de la récente célébration des sacrements de l'onction des malades, etc. À la maison, nos enfants voient sur le bureau de leur père Prions en Église » (une femme mariée de 75 ans).
« Merci, ce fut pour moi un moment pour reconnaître qu'il y avait un sens à ma vie. Malgré des moments où les repères semblent effacés, des fulgurances d'éternité éclairent à nouveau un chemin balisé par l'amour et le regard du Christ. À Dieu va ! » (Une veuve de 77 ans).
« Merci de m’avoir envoyé cette enquête. Je découvre qu’un peuple immense m’habite et même en étant retirée de la vie active et autres engagements, je reste très ouverte, très attentive... à ceux qui vivent quelque chose de très dur, les hommes, les femmes frappés de plein fouet par la crise actuelle... J’ai pu parler et échanger à partir de cette enquête » (une religieuse de 78 ans).
« L’oraison quotidienne, la formation spirituelle continue (soutenue par Christus) et le partage de vie avec d’autres prêtres (et des laïcs) ma paraissent indispensables pour poursuivre ma voie avec une humble fidélité » (un prêtre de 79 ans).
« Ça me plaît ! Se remettre aussi en cause, revoir, approfondir. C'est ouvert » (une religieuse de 80 ans).
« Intéressant. Au soir de ma vie, je pense que peut-être on n’offre pas assez de possibilités de réflexion et de préparation ou de vie pour un célibat épanoui. Offre-t-on des temps de réflexion dynamiques sur ces années qui préparent à la rupture des activités, voire à la solitude, à la perte de l'autonomie et des forces ?... Acceptation positive, dépassement, liberté intérieure nouvelle, sorte de transcendance ? Le grand âge s'étire... Est-ce une nouvelle chance malgré ou à travers l'isolement ? Beaucoup de personnes sont dans la solitude et ne sortent jamais » (une célibataire de 80 ans).
« Que ma petite expérience de vie parmi les autres encourage les plus jeunes à avancer et à s'ouvrir et à durer et à ne pas se décourager. La vie vaut le coup d'être vécue, même avec les aléas inévitables » (une religieuse de 80 ans).
« Cette enquête touche à un domaine éminemment personnel, et j’ai essayé d’y répondre avec franchise. Comme vous, vous l’aurez deviné, je suis dans le monde, tel qu’il est, avec ses bonheurs et ses difficultés quotidiennes. Étant donné mon âge avancé, je suis convaincue que le fait d’appartenir au Christ par mon baptême est une telle grâce qu’elle éclipse bien d’autres grâces temporelles. La vie est non seulement le déroulement de nos journées, elle est un trésor mis entre nos mains. J’ai cherché à faire fructifier ce trésor, mais je n’en connais pas le rendement. Désormais, mes pensées et mes actes sont orientés vers l’accomplissement de sa très sainte volonté ! Merci, chère revue Christus, pour votre lumière, vos témoignages, vos charismes de communication silencieuse, votre approfondissement d’Ignace, et d’autres guides spirituels, dont nous avons tant besoin » (une veuve de 81 ans).
« Je ne sais pas si j'ai répondu exactement à vos questions, mais j'ai simplement voulu témoigner de ma joie, malgré - et j'oserais presque dire grâce - aux épreuves qui ont jalonné ma vie, car c'est dans les moments difficiles qu'on expérimente la Présence de Dieu. On se rend compte que tout seul on n'y serait jamais arrivé. C'est bien la trace d'un pas unique sur le sable, lorsque c'est Lui qui me portait. Merci de m'avoir permis de l'exprimer » (une veuve de 81 ans).
« Dans la deuxième partie du "Je vous salue, Marie", je retiens le "maintenant", l'instant présent et l'au-delà. Cette enquête pourrait attirer l'attention sur les événements, les changements de la société qui m'appellent à de nouveaux discernements. Merci pour le service de Christus » (un prêtre de 83 ans)
« Cette enquête m'a permis de me dire et de dire tout ce que l'Esprit Saint m'a suggérée dans ma vie pour Dieu, le servir et l'aimer par le don de soi aux personnes, l'amour du prochain. Tout n'a pas été parfait !... » (Une religieuse de 84 ans).
« Cette enquête me paraît importante, car elle ouvre à un questionnement sur soi, à un examen de conscience, à un redressement de ce qui nous paraît devoir être perfectionné ou changé en nous. Merci d'y avoir pensé » (une veuve de 87 ans).
« L’ensemble des questions m’a permis de faire le point pour mon compte personnel. Elles m’ont obligé à un retour en arrière sur une vie bien "remplie" mais pas toujours "pensée" » (un religieux de 87 ans).
« Mon expérience "originale" de plusieurs ruptures et changements d'orientation dans ma vie, d'appartenances diverses, me dit que Dieu est fidèle et qu'il se débrouille pour rendre au centuple ce qui est perdu et que la vocation profonde peut se vivre sous de multiples formes... Cela paradoxalement m'a fait aimer l’Église dans une histoire comme "Je t'aime, moi non plus" » (une femme mariée).
« Ce fut un moment riche de relecture et de formulation. Cependant, je ne pense pas que notre vie entière dépende d'un seul choix de vie. Je pense que nous en faisons plusieurs, importants, tout au long de notre vie. »
« C'est la première fois que je suis invité à croiser mon choix de vie initial (mariage) avec les choix de vie successifs. Cela mériterait un week-end... »
2. Une aide pour confirmer des choix présents
« Savoir que mon mariage n'est pas construit uniquement sur l'amour humain, mais sur l'amour de Dieu, sur sa fidélité, m'aide au jour le jour à construire au-delà de notre foyer » (une femme mariée de 39 ans).
« Soutenir les personnes dans leur choix de vie quotidiennement, prêtres, religieux(ses), couples » (une femme mariée de 59 ans).
« Enfin un sondage intelligent. Je ne doute pas que vous sachiez en tirer la substantifique moelle » (un homme remarié de 70 ans)
« Elle me paraît terriblement vaste, un peu générale. Mais l'accumulation des témoignages singuliers pourra faire apparaître le vaste éventail de l'imagination de Dieu » (un prêtre de 71 ans).
« Cette enquête m'a bien intéressé en pleine période de vacances, l'esprit détendu et le corps soumis à des exercices pour reprendre du tonus pour l'année à venir » (un veuf de 72 ans).
« Compte tenu de mon âge, je pense qu'il me reste à essayer de bien vieillir... Depuis une dizaine d'années, je fais partie d'une équipe d'aumônerie hospitalière. J'y apprends beaucoup. Je suis heureuse de mon étiquette "catho" dans cette mission. J'ajoute que j'appartiens depuis fort longtemps à CVX ! C’est sans doute par ce biais que j'ai connu la revue Christus. Nous avons souvent travaillé sur les articles de la revue en équipe. J'en aime la profondeur, la variété et l'ouverture » (une femme mariée de 74 ans).
« Je réponds rarement à une enquête, il me faut trop de temps. Mais ici j'ai trouvé que c'était tellement important. On aime s'informer, pouvoir lire ce que les autres vivent, pensent comme moi. J'aimerais pouvoir lire jusqu'au bout votre revue. Les titres m'attirent. Et je me dis qu'il faut aussi partager, dire ce que l'on pense et vit soi-même. S'éclairer mutuellement, surtout si c'est dans notre marche vers Dieu » (un prêtre de 74 ans).
« Il est toujours intéressant d’être provoqué à une réflexion ; et de plus, en vue d’un mieux pour beaucoup » (une religieuse de 76 ans).
« Vivre en paix avec soi-même quand la confirmation de la volonté du Père se déroule selon son dessein » (une veuve de 78 ans).
« Mon amour du Seigneur et de l’Église exige un approfondissement de ma foi dans les différentes situations que je rencontre. Bien que je fréquente différentes communautés et différents services et mouvements, mon attitude n’est pas toujours la bonne pour donner envie de "la bonne nouvelle". La lecture de vos articles me donne une lumière sur ma façon d’agir. Bien sûr, il y en a qui me touchent plus que d’autres. Merci de permettre de nous exprimer » (une veuve de 81 ans).
« On ne peut que louer cette recherche de la vérité » (un veuf de 83 ans).
« Je ne sais si mon témoignage vous sera utile, mais je l'espère de tout coeur. Je lis avec beaucoup d'intérêt votre revue, parfois un peu trop savante pour un laïc qui n'a fait que deux années de théologie, et pour lequel le langage est souvent trop ésotérique » (un homme marié de 83 ans).
« Je ne sais pas si j'ai bien répondu. Ce serait plus facile en discutant. Bon courage. Je trouve dans Christus une source d'enrichissement et parfois un sujet pour notre groupe de foyers » (un homme marié de 84 ans).
« Je pense que cette enquête peut faire prendre conscience aux médias d'aujourd'hui des attentes du monde spécialement de ceux qui, dans la force de l'âge, peuvent agir en vérité » (une religieuse de 90 ans).
« Les questions ne sont pas trop faciles, j'ai essayé d'y répondre telles que je les ai saisies. Aujourd'hui, avoir la foi est très difficile. La vivre auprès de ceux qu'on aime aussi. Heureusement que Prions en Église, chaque jour, m'aide à continuer ce chemin. À travers les lectures, je me ressource doucement, je marche et j'essaie du mieux que je peux de répondre oui là où le Seigneur a besoin de moi. Je lui dois la vie et tout ce qui a été bon et merveilleux » (une femme mariée).
« Merci de nous l’avoir proposée. Elle permet une réflexion en profondeur que j’accepte bien volontiers de poursuivre avec vous et j’attends la publication de ce n° Christus qui rendra compte des témoignages et réflexions et orientations qu’elles inspirent » (G.J.).
« La vie avec ses hauts et ses bas est avant tout une ouverture qui mérite d'être vécue. Aimons, aidons, suivant nos possibilités. Donnons ce que nous avons reçu. Il y a toujours plus petit que soi. J'ai connu la folie, j'ai réussi à m'en sortir et Dieu l'avait programmé ainsi. J'ai décidé de le suivre, pour à mon tour lui rendre ce qu'il ma rendu. Heureusement qu'existent des revues comme la vôtre, gardant au coeur avant tout l'esprit et l'Amour du Seigneur notre Dieu. Merci » (un homme marié).
« Cette enquête ne correspond pas à ce que nous vivons, mais je la trouve pertinente et elle peut stimuler la réflexion. Merci pour votre revue que nous apprécions beaucoup et que nous lisons individuellement et parfois au réfectoire au cours des repas » (une religieuse bénédictine).
« Je crois que l’enquête est très intéressante, car elle répond à des questions que se posent beaucoup de gens. Il serait bon qu'elle remette en question des idées toutes faites (par exemple : "Les veufs doivent se remarier" ou "Comment se fait-il qu'il ou elle soit célibataire ?"). Je crois qu'il faut faire apparaître l'idée qu'il n'y a plus de normes, que chacun est appelé à trouver l'état de vie dans lequel il est appelé à s'épanouir, pas uniquement mariage, célibat ou engagement religieux : les choses sont plus compliquées aujourd'hui. Chaque choix doit être personnel et fait en fonction des personnes et des situations. »
« C'est la meilleure façon de connaître notre société, les thèmes et mots qui la retiennent, les concepts majeurs... Bien mieux, bien sûr, que toutes les enquêtes à visée statistique ! Il faudra certes des analystes chevronnés, mais... le jeu en vaut la chandelle ! »
« On peut choisir un état de vie avec la plus grande inconséquence et s'y adapter avec bonheur. »
« Un peu dur pour moi de synthétiser mes réponses à certaines questions, en même temps que je me dis qu'il est inutile d'en faire un roman pour que la réponse soit juste. »
3. Quelques difficultés
« Je trouve qu'il y a une difficulté accrue de nos choix de vie, nous (trentenaires) sommes vraiment plus compliqués par certains côtés que nos aînés, beaucoup d'explications psychologiques nous occupent l'esprit, un poids souvent lourd sur notre réalité de travail, un encombrement de nous-mêmes qui nous stérilise en quelque sorte. Par contre, on a une certaine liberté d'expression, un détachement et une conscience individuelle peut-être (?) plus accrue » (une célibataire de 38 ans).
« C'est toujours difficile de résumer en quelques lignes un parcours de vie. Pour ma part, même si je ne suis pas engagé sur une voie bien précise, j'ai, pour l'heure, la sensation d'être à ma place. C'est un peu paradoxal, mais c'est comme ça ! Je vis en ce moment en compagnie de mon père qui est âgé et ne peut plus vivre seul » (un célibataire de 55 ans).
« J'ai eu quelques difficultés à me situer et à trouver une progression dans le questionnaire. Je suis veuf, retraité depuis moins de deux mois. Après mon veuvage, j'ai fait le choix de redécouvrir le Christ. Pour ensuite servir dans ce choix, j'ai reçu des grâces (personnes, mouvements, formations). J'ai fait le choix de me donner ainsi, mais après mon veuvage. Voilà maintenant dix ans, un prêtre devenu mon ami m'avait invité à rencontrer une veuve. C'était aussi une sorte de don. Cette démarche est une bonne initiative » (un veuf de 63 ans).
« Choisir, un verbe qui ne m'est pas familier. Faire ce qu'il faut, faire ce que je dois est plutôt le fond de mon existence » (un prêtre de 68 ans).
« Je n'ai pas pu répondre à cette enquête sur l'épanouissement d'une vie de foi, moi qui n'ai pas eu de vie tout court. Pourtant, le plaisir des pensées et des sentiments est arrimé en moi par la foi (si possible communion chaque semaine), lectures et prières maladroites mais sincères. Je sais que Jésus accueille les malades » (un célibataire de 68 ans).
« "Choix de vie" me gêne. Inconsciemment, j'ai été conduite toute la première partie de ma vie (16-42 ans), puis j'ai découvert celui qui me conduisait. Il s'est fait découvrir, plutôt, et maintenant je le suis. Je ne suis jamais seule. Que sa volonté se fasse en moi... En fait, pourquoi pas plutôt : "accepter la vie" que "choisir sa vie" ? » (Une veuve de 69 ans).
« Il me semble que c'est un peu bref sur l'origine du choix de vie initial. L’histoire personnelle y est pour beaucoup. La pression sociale aussi. N'y aurait-il pas lieu de distinguer clairement le choix de l'état de vie initial des choix de vie successifs ? Dans le cas du mariage, il me semble qu'il y a succession de choix d'"états de vie", car les décisions successives d'avoir un enfant de plus modifient singulièrement l'état de la vie. Ces choix sont assumés à deux : c'est plus complexe que les choix d'un célibataire ou d'un veuf. Merci quand même et bon courage pour le traitement de cette enquête » (une veuve de 69 ans).
« Il me semble qu'il manque une dimension. Un choix, même s'il est définitif, est à creuser, sinon on risque la politique de l'autruche. J'ai fait un choix ; je ne reviens plus dessus... jusqu'au moment où on se casse la figure de la belle manière. Qu'est-ce que je fais pour que ce choix soit définitif ? Qu'est-ce que je fais pour qu'il ne soit pas subi ? Autre question : Ce choix que j'ai fait il y a 10, 20, 50 ans, est-ce qu'aujourd'hui je le referais ? Ce n'est pas un retour stérile sur le passé ; c'est au contraire aujourd'hui revitaliser le don que j'ai pu faire pour le faire "coller" à la réalité d'aujourd'hui » (un homme marié de 69 ans).
« Qu'il n'est pas possible de rendre compte par écrit d'un choix -non choisi- comme d'un choix "libre", même si le questionnaire est superbement pensé. Le degré de liberté intérieure au moment du choix ou du non-choix et de l'accomplissement atteint, étant toujours relatif quelque part. Le choix "libre" existe-t-il ? Mais qu'il est toujours positif et riche d'avoir l'occasion de s'interroger sincèrement. Merci de me donner l'occasion de faire succinctement le point sur mon chemin personnel. La nécessité de rencontrer grâce à Christus des personnalités capables de dialoguer avec le monde moderne à l'heure du progrès des sciences et des techniques dans tous les domaines sans rester figé dans la Tradition » (une femme mariée de 70 ans).
« La problématique m'échappe. J'ai souvent dû accepter ce que je n'avais pas choisi ; et à chaque fois cela a été un grand bien. J'ai parfois choisi, et la providence m'a éprouvé par mon propre choix, mais elle m'a assisté jusqu'au bout pour le faire concourir à mon bonheur. Dieu est bon et il aime notre liberté. Il sait l'accompagner pour notre bien et nous rapprocher de lui » (un homme marié de 77 ans).
« L'enquête assimile "le choix de vie" à celui de l'état de vie (religieux ou laïque, etc.) dont découleraient les autres engagements. Alors que les engagements (politiques, artistiques...) peuvent être premiers et entraîner un état de vie. Les déterminants sont multiples, successifs, et se confortent : les circonstances, les évènements, les rencontres, les aspirations, la façon dont on se projette dans l'avenir. Difficile de les isoler et de les hiérarchiser » (une célibataire de 80 ans).
« Une enquête de ce genre est délicate. Elle nous révèle quelques aspects et nous en cache quelques autres. L'orgueil ? Qui vient un tantinet tout chambouler » (un homme marié de 82 ans).
« Un grand souci. Un seul des ménages de nos enfants vit pleinement son christianisme. Les autres ont la foi mais vivent sans pratique, et les deux derniers mariages de petits-enfants ont été uniquement civils, et les arrière-petits-enfants ne sont pas baptisés. Mais nous avons une vie de famille très intense, nous nous montrons, démontrons tous notre grande affection les uns pour les autres » (une femme mariée de 83 ans).
« En positif : Questions sur ce concept d'appel, car il faut décléricaliser le concept "vocation" qui fait trop référence à une vie religieuse "consacrée". Et pas assez à la composante mystique avec la participation de l'Esprit... Au milieu de toutes les médiations et conditionnements, les théologiens ont très judicieusement réhabilité le concept de désir, mais n'ont pas assez travaillé la relation entre désir et appel. C'est une de mes recherches ! Critiques : Questions ne facilitant pas l'analyse des situations de vie. Il aurait été préférable, je crois, de parler d'abord des conditionnements de vie qui ont pu peser sur les orientations. Parler en effet davantage des orientations de vie, plutôt que de choix ponctuels, assez rares. Et parmi ces conditionnements, évoquer les choix familiaux, éducatifs, socioreligieux, et leurs poids respectifs dans les choix d'orientation » (un veuf de 89 ans).
« J’apprécie beaucoup les hors séries (notamment celui sur le corps). En ce qui concerne le questionnaire même, on a le sentiment que la vie est quelque chose de rationnel avec quelques écarts et des surprises à gérer... Comme ancienne conseillère professionnelle d'orientation et de formation (ANPE), je sais par exemple que les choix professionnels dépendant souvent de bien autre chose que d’une décision. Le hasard peut parfois décider d'une orientation et la personne se rendre compte a posteriori qu'elle était faite pour tel métier. Les possibilités concrètes de formation au plan local, les revenus des parents, etc., interviennent dans le choix initial. Ne parlons pas de la crise économique actuelle qui limite de beaucoup les possibilités de reconversion. Il est cependant important de croire à une marge de liberté. Ceux qui y croient arrivent à se frayer des chemins là où d'autres là où d'autres ne voient que des impasses » (une célibataire consacrée).
« C'est une bonne enquête pour des personnes jeunes et dans l'action. Il y a un moment où l'âge et la maladie ne permettent plus de parler de choix de vie, mais d'acceptation de la vie, telle qu'elle est. S'il y a plus acceptation que résignation, c'est par le choix que j'ai pu faire de réfléchir avec votre aide, et de démêler, au prix de bien des souffrances ce qui est au plus près de la vérité de mon être. Je suis une personne fragile. Pourtant trouver une voie... Prier avec un monastère invisible. Se laisser porter plutôt que sombrer. Vivre au jour le jour, avec la "garde du coeur" en mendiant le courage de supporter les épreuves et de trouver les mots justes pour apporter du réconfort aux souffrances des autres. Pour terminer, quelques thèmes de Christus ont égayé un été difficile comme l'expérience artistique. Cet été, ce sera la musique, une voie spirituelle. Je n'ai pas encore commencé. Merci pour tout. En union de Prière » (une femme mariée).
« Je ne peux pas à proprement parler, réagir sur un choix de vie. Je suis bien plus confrontée à vivre la non-possibilité de rendre fécond un choix de vie. Célibataire, j'aspire à fonder une famille. Mon choix est clair, mais je ne peux pas le réaliser. »
Consulter le sommaire du numéro 226
|