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Recension "ESSAI SUR LE PERE SERGE BOULGAKOV (1871-1944)" de Antoine Arjakovsky
   
  Antoine Arjakovsky
ESSAI SUR LE PERE SERGE BOULGAKOV (1871-1944)
Philosophe et théologien chrétien.
Parole et Silence, 2006, 214 p., 23 euros.

Serge Boulgakov a été un marxiste convaincu avant de revenir à la foi et devenir prêtre. Contraint à l'exil, c'est à Paris, en 1924, qu’il fonde l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge.
« Philosophe et théologien chrétien » : ainsi le définit le sous-titre de cet ouvrage. Philosophe, littéralement « ami de la sagesse », rien ne peut mieux caractériser le P. Boulgakov. Théologien, car cette sagesse qu'il recherche et étudie, dont il se veut l'ami, est aussi la Sagesse, celle qui était dès les origines. Sagesse incréée, hypostase de chacune des hypostases de la Sainte Trinité, auto-révélation de Dieu, écrit-il en 1928. Cela lui vaudra le soupçon d'hérésie et un temps de mise à l'écart. Mais son enseignement enflamme les meilleurs autour de lui : Evdokimov, Berdiaev, Mère Marie... Sa vie austère et joyeuse porte du fruit. Sa pensée se précise, se mûrit : il distingue désormais la Sagesse incréée, qui était avant que toute chose soit, et la Sagesse créée, à laquelle nous avons part, via l'incarnation.
Le livre est parfois touffu, tant il veut dire de choses sur celui qu’Antoine Arjovsky voit comme un saint. Le lecteur pressent là une approche du mystère de Dieu et il hésite : jusqu'où s’approcher ? Voilà une pensée brûlante, profondément novatrice. Comme Teilhard de Chardin, il ouvre de nouvelles voies au regard de foi.

MONIQUE BELLAS
   
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