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Matériellement, je ne suis pas touchée par la crise. Ou si peu : le prix des aliments a augmenté, la consommation qui excède un café sur une terrasse d’un bistrot parisien devient un petit luxe. Mais étant religieuse et vivant dans une communauté qui subvient à ses besoins par le travail de ses membres, je perçois combien je suis protégée. Le risque est grand de passer à côté de la souffrance et de l’angoisse de beaucoup d’autres, de différer le moment de choix concrets ; la crise, de ce point de vue, me met face à deux immenses défis.
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