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La Bible est la trace d’une découverte progressive du visage de Dieu. Elle est le fruit de relectures « cumulatives » selon des genres littéraires très variés. Chaque événement nouveau, compris à la lumière de ce qui a été donné antérieurement, est l’occasion d’une révélation. Il conduit à une intelligence renouvelée des événements passés, à une remise en chantier des conceptions anciennes. Cette ré-interprétation n’est pas une trahison de la mémoire d’un peuple et de ses livres saints, c’est une fidélité à l’espérance qui les animait.
Plus l’attente d’un accomplissement s’est creusée dans l’histoire sainte, plus des sages ont relu à frais nouveaux la Loi et les Prophètes dont ils héritaient. Dans la Bible, c’est la re-connaissance, au sens le plus littéral, qui ouvre l’avenir. Ce processus de re-connaissance, avec ce qu’il comporte d’acte de foi, de silence et d’oubli, de mémoire et d’espérance, est repérable dans les récits de création et particulièrement dans le texte yahviste (Gn 2,4b-3,24) et ses relectures ultérieures. Ce parcours que nous allons faire nous aidera à penser la relecture comme un chemin de liberté.
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