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À Ville-Évrard (MARIE DE MONNERON)
C’était un dimanche matin de novembre, pendant la grande grève de 1995: mon premier jour à l’aumônerie. Je n’avais pas encore la clé du local, et nous étions un petit groupe à attendre l’arrivée du prêtre accompagnateur. On essayait de faire connaissance et comment oublier les présentations? Il y avait là deux « Dieu », une « Sainte Vierge » et un ange! Je n’étais ni vraiment rassurée ni apeurée, juste un peu perdue dans cette étrangeté... Comme il y avait une nombreuse assistance à la messe, il a fallu se serrer, rajouter des chaises et je me suis retrouvée face à l’assemblée. J’ai vu prier ceux que j’avais côtoyés juste avant, et il s’est passé quelque chose. J’ai senti que c’était vraiment là que je devais être. À Ville-Évrard. Ces hommes, ces femmes me furent donnés ce jour-là comme compagnons de route. Le prêtre accompagnateur lui aussi commençait son ministère. Il avait fait la même expérience, et chacun a pu confier à l’autre à la fin de cette messe: « C’est là que je désire faire Église. »
À Gustave-Roussy (Villejuif) (LEON BURDIN S.J.)
Dans mon parcours d’aumônier du Centre anticancéreux de Villejuif, seize années durant, les événements qui m’ont apporté le plus de joie et qui m’apparaissent comme des points de lumière non seulement dans ma vie d’aumônier d’hôpital mais dans l’ensemble de ma vie, ce sont ces accompagnements de malades qui ont contribué à ce que se vive en eux ce « quelque chose » que je considère être de l’ordre de la refondation de leur personne.
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