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Il faut aborder avec modestie un tel sujet... On peut craindre, en le traitant, de tomber aussitôt dans la banalité, dans l'illusion ou dans une audace prétentieuse. Banalité, car il est évident que celui qui reçoit les Exercices se présente avec tout ce qu'il est, avec toute sa personne, et recherchera la mise en ordre de ses forces et de ses faiblesses, celles du corps y comprises. Illusion de vouloir attribuer une place particulière à ce qui est de « l'ordre de la chair », ou du corps, et d'en majorer la signification, alors que, dans quelque état physique que l'on soit, en bonne santé ou malade, la maîtrise du Créateur et Seigneur, par l'action de sa grâce, purifiera et confirmera les projets et le désir de l'homme ; illusion parfois de vouloir comparer ou opposer, de manière décisive, voire exclusive, des exercices spirituels d'un côté, et corporels de l'autre, bien qu'une telle analogie soit citée dès la première annotation. Audace ou prétention : quelques pages peuvent-elles suffire pour tenter d'éclairer ce que l'on oserait appeler une question contemporaine d'anthropologie et de spiritualité, celle de la liberté du croyant et de ses choix en rapport avec les contraintes somatiques et psychologiques de sa personne ?
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