|
La place qu’occupe l’Esprit Saint chez les croyants, qu’il s’agisse des groupes ou des individus, est fort diverse. Les Orientaux pensent volontiers que l’Esprit est le grand oublié de la théologie occidentale. Il arrive que des chrétiens occidentaux classiques considèrent avec agacement ou avec une ironie amusée l’enthousiasme des assemblées de prière du Renouveau charismatique. Bref, si la mode était aux combats théologiques et aux anathèmes, il est probable que le débat sur l’Esprit Saint serait aujourd’hui aussi violent que le furent les controverses sur la divinité du Christ aux IVe et Ve siècles.
Les auteurs du Nouveau Testament eux-mêmes ont pu exprimer, sur la façon de vivre de l’Esprit Saint, des positions variées, voire variables. En l’an 50, par exemple, Paul adressait aux Thessaloniciens sa célèbre recommandation : « N’éteignez pas l’Esprit » (1 Th 5,19). Mais, quelques années plus tard, il essayait de calmer l’ardeur des Corinthiens qui manifestaient un goût immodéré pour le parler en langues (1 Co 14,1-5). Pour y remédier, il établit une hiérarchie des charismes, les langues représentant dans sa pensée un charisme mineur, qui doit être soumis à la prophétie ; et tous les charismes
doivent s’incliner devant une voie supérieure à toutes les autres : la charité (1 Co 13), dont Jésus est le modèle.
|