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Ta volonté, ma volonté |
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Obéir à la volonté de Dieu : formule vide ou trop pleine ! Ou bien j’ignore ce que Dieu veut, ou bien Dieu veut tout ce qui me tombe sur la tête... Mais je lis dans l’Écriture que la volonté de Dieu, c’est que « tous les hommes soient sauvés » (1 Tm 2,4). Voilà au moins un contenu et, qui mieux est, un contenu gratifiant. Est-ce bien sûr?
« Sauvé », en effet, n’a de sens que par l’expérience de son contraire : nul ne peut se dire sauvé s’il n’a éprouvé qu’il était perdu, radicalement perdu. Seul celui qui meurt peut éprouver telle angoisse. Et comment peut-il dans le même instant se dire sauvé ? De plus, « que tous les hommes soient sauvés » implique que, hors de cette intervention d’un Autre, tous les hommes sont perdus, qu’il n’y a pas de rescapés de l’aventure humaine. Évidence de l’histoire - et pourtant, si l’aventure se poursuit, c’est en raison d’une espérance qui nie, contre toute raison, l’évidence. Telle est la volonté de l’espèce comme de l’individu. Dès lors, obéir à la volonté de Dieu suppose d’abord de renoncer à cette volonté profondément ancrée de se sauver par soi.
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