Introduction
Découvrez le numéro 204 - Octobre 2004
  SORTIR DU MENSONGE - Le courage d'être vrai
  Les idoles mensongères sont de toujours, mais l’argent trompeur, la fascination du sexe et l’attrait du pouvoir prennent aujourd’hui des formes collectives plus envoûtantes. Les médias amplifient leur séduction et le conformisme fait loi. C’est ainsi que l’apparence rassure quand la vérité dérange : double jeu ! Se convertir, de nos jours plus qu’autrefois, c’est découvrir que l’on était pris, parfois même à son insu, dans des situations de mensonge. Car, à force d’exclure la conscience comme culpabilisante, la confession comme humiliante et la réconciliation comme infantilisante, l’opinion commune pousse aux arrangements complices.



Mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, comme l’affirme saint Jean.

Sortir du mensonge, faire la vérité, ce sera toujours aller à la rencontre de la lumière qui vient dans les ténèbres. « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait », dit la Samaritaine, comme une bonne nouvelle. C’est qu’elle a vu non un juge assénant une vérité froide, paralysante et mortifère, mais un serviteur de l’amour miséricordieux, un homme dont le cœur est « plus grand que notre cœur », avec qui la vérité se fait chaleureuse et libératrice.



Voici un véritable fils d’Israël, dit Jésus de Nathanaël, « un homme qui ne sait pas mentir » (Jn 1,47). Entrer dans cette démarche spirituelle suppose le désir d’être au clair devant les hommes, devant sa conscience et devant Dieu, et de rompre avec celui qui est « menteur et homicide dès l’origine ».

On ne peut la vivre jusqu’au bout sans être assuré d’un accueil sans condition. L’Eglise, qui en est comme le sacrement, est elle-même entrée dans cette démarche, reconnaissant ses fautes du passé. C’est qu’on ne peut venir à la lumière tout seul. Le couple, la famille, la communauté chrétienne, l’accompagnement spirituel sont aussi des chemins de vérité. Et la société citoyenne peut le devenir à son tour, comme l’a montré la condamnation morale des crimes du XXe siècle, en réhabilitant le sens du pardon dans l’histoire. La réconciliation des peuples et la guérison de leur mémoire sont à ce prix, quand amour et vérité se rencontrent.



Christus



A nos amis lecteurs :

Après seize années à Christus, je passe la responsabilité de rédacteur en chef au P. Paul Legavre. Je désire vivement, à cette occasion, vous exprimer ma reconnaissance pour votre soutien, exprimé de mille façons au cours de ces années, et qui ne fut pas le moindre des encouragements. A ce sentiment de gratitude s’ajoute la profonde satisfaction de remettre notre revue en des mains sûres et amicales. Paul Legavre, né en 1957, diplômé de Sciences-Po, ancien aumônier d’étudiants, puis rédacteur en chef de Croire aujourd’hui, participe à la formation spirituelle dans plusieurs diocèses. Son expérience pastorale et rédactionnelle, ainsi que sa cordiale et intelligente ouverture à la vie de l’Eglise et de la société, sont, avec la collaboration d’Yves Roullière qui demeure rédacteur en chef adjoint, une solide garantie pour l’avenir de Christus.



Claude Flipo s.j.
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